Land-art, s’exprimer dans et avec la Nature…

Même si la notion de land-art a été conceptualisée dans les années 60 seulement (sans doute dans le but de « vendre »…), il s’agit véritablement, pour moi, d’une pratique ancestrale qui peut se rattacher à plusieurs activités humaines. L’enfant qui joue sur la plage, créant des jardins merveilleux avec du sable, des coquillages et des plumes, ne fait-il pas de façon instinctive du « land-art » ? Nos ancêtres qui ont aligné des pierres à Carnac ou à Stonehenge, sans doute avec une intention d’ordre spirituel, ne faisaient-ils pas, à leur façon, du land-art ?

Plus qu’un véritable « art », peut-être s’agit-il en fait d’un ensemble de pratiques qui peuvent relever du simple amusement, du plaisir d’offrir étonnement ou émerveillement, d’un travail d’architecture avec le bois, la pierre, l’eau… , d’une célébration de la beauté et de la fragilité de la nature…

On utilise l’environnement présent « ici et maintenant » comme outil et matériau pour des « œuvres » qui relèvent de la sculpture, de l’installation, du mandala, du jeu, du clin d’œil. Le temps, dans toutes ses dimensions, fait partie du processus : la marée effacera les rosaces tracées sur la plage, le vent dispersera les éléments qui composent le puzzle, les végétaux changeront de couleur, … c’est un art éphémère. Et surtout on laisse de côté l’obsession de faire « joli » !

Les travaux peuvent être individuels ou collectifs, minuscules ou gigantesques, flottants ou suspendus, massifs ou fragiles, exposés à la vue de tous ou cachés dans des lieux inaccessibles. C’est un mode d’expression à la fois ludique, créatif, et écologique, qui nous invite à prendre en compte et célébrer la beauté toujours renouvelée que nous offre la Nature et ce qui nous lie à elle.

La citation qui me guide : « admirer, s’étonner, rendre grâces, en un mot : vivre » (Théodore Monod)

About the Author: Jacques