Monthly Archives: mai 2018

Le pique-nique du Pacha

D5-09976

Un instant un peu inhabituel ce midi…

Assis au bord du Gardon, je dégustais mon casse-croûte au soleil. Un grand papillon est venu renifler mes provisions. Il était méfiant et au moindre de mes gestes, il s’éloignait… puis il revenait. Visiblement mon pain aux céréales l’intéressait beaucoup… Il glissait sa trompe dans les trous de la mie, comme s’il voulait en aspirer le nectar. Au bout d’un court moment il s’est habitué à mes gestes, s’est encore approché et a glissé sa trompe … dans un peu de moutarde ! Je peux affirmer que ça ne lui a pas plu : il est venu se poser encore plus près de moi, et a frotté sa trompe sur un galet pour se débarrasser de la moutarde. A cet instant j’ai eu un peu pitié de lui, et pour lui venir en aide, j’ai machinalement approché de lui un petit reste de melon, exactement comme si j’étais en présence d’un animal familier, chat ou chien. Il n’a eu aucun mouvement de recul et, bien au contraire, s’est mis à essuyer sa trompe, puis à tâter la pulpe du fruit tout près de ma main. Manifestement ce goût-là lui plaisait bien plus que celui de la moutarde ! C’était bien plus rafraîchissant… (suite…)

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La légende Lakota du capteur de rêves

La tradition du capteur de rêves est vraisemblablement issue du peuple Ojibwé, et se serait ensuite transmise aux tribus voisines : Hurons, Abénakis, Mikmaqs, Sioux, Cheyennes. Mais la légende la plus connue, la plus diffusée, sans doute parce qu’elle est aussi l’une des plus riches, est la légende Lakota.

La légende Lakota du dreamcatcher

Il y a longtemps, lorsque ce monde était jeune, un vieux Sioux du Lakota, dirigeant spirituel, était sur une haute montagne et eut une vision. Dans sa vision, Iktomi, le grand filou et professeur de sagesse, parut sous la forme d’une araignée. Iktomi s’adressa au Sioux dans une langue sacrée que seulement les dirigeants spirituels du Lakota pouvaient comprendre. Pendant qu’il parlait, Iktomi l’araignée prit un cerceau de saule avec des plumes, du crin de cheval et des perles, et ainsi il commença à tournoyer et à tisser une toile. Il parlait au Sioux des cycles de la vie… et de quelle manière commencent nos vies comme nourrisson, puis viennent l’enfance et l’âge adulte et, enfin, nous allons vers la vieillesse où nous devons être soignés comme des nourrissons, complétant ainsi le cycle de la vie. (suite…)

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Un peu de land-art…

Même si la notion de land-art a été conceptualisée dans les années 60 seulement (sans doute dans le but de « vendre »…), il s’agit véritablement, pour moi, d’une pratique ancestrale qui peut se rattacher à plusieurs activités humaines. L’enfant qui joue sur la plage, créant des jardins merveilleux avec du sable, des coquillages et des plumes, ne fait-il pas de façon instinctive du « land-art » ? Nos ancêtres qui ont aligné des pierres à Carnac ou à Stonehenge, sans doute avec une intention d’ordre spirituel, ne faisaient-ils pas, à leur façon, du land-art ? Plus qu’un véritable « art », peut-être s’agit-il en fait d’un ensemble de pratiques qui peuvent relever du simple amusement, du plaisir d’offrir étonnement ou émerveillement, d’un travail d’architecture avec le bois, la pierre, l’eau… , d’une célébration de la beauté et de la fragilité de la nature…

On utilise l’environnement présent « ici et maintenant » comme outil et matériau pour des « œuvres » qui relèvent de la sculpture, de l’installation, du mandala, du jeu, du clin d’œil. Le temps fait partie du processus : la marée effacera les rosaces tracées sur la plage, le vent dispersera les éléments qui composent le puzzle, les végétaux changeront de couleur… c’est un art éphémère.

Les travaux peuvent être individuels ou collectifs, minuscules ou gigantesques, flottants ou suspendus, massifs ou fragiles, exposés à la vue de tous ou cachés dans des lieux inaccessibles. C’est un mode d’expression à la fois ludique, créatif, et écologique, qui nous invite à prendre en compte et célébrer la beauté toujours renouvelée que nous offre la Nature.

La citation qui me guide : « admirer, s’étonner, rendre grâces, en un mot : vivre » (Théodore Monod)

 

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